lundi 19 janvier 2009

PROJET DE FONDATION A GITEGA - BURUNDI


A.M. Zacharie IGIRUKWAYO, o.c.d.

UNE MAISON DE RETRAITE

Apostolat spirituel au service de l’Église du Burundi.

Les carmes de la Délégation provinciale du Rwanda et Burundi relevant de la juridiction de la province de Cracovie (Pologne), après une présence de plus de trente-cinq ans au Burundi, ont jugé le moment venu de fonder une troisième maison qui puisse offrir au peuple et à l’Église du Burundi, un autre aspect du charisme thérésien, complémentaire aux deux autres offerts par la paroisse de Musongati et la maison de formation de Bujumbura. Il s’agit d’une maison qui serait composée d’un centre de spiritualité et d’une communauté qui serait engagée particulièrement dans l’apostolat spirituel à Gitega. Après Bujumbura, Gitega est la seconde ville du Burundi, située au centre du pays, à 101 km de Bujumbura. Depuis longtemps, Gitega est pressentie comme future capitale administrative du Pays. La ville compte un bon nombre de communautés religieuses et d’écoles secondaires. La nouvelle fondation sera une occasion d’offrir au peuple ce que ni la paroisse ni la maison de formation ne peuvent facilement rendre disponible :
un espace et un climat de recueillement où il soit possible de participer à l’oraison ;
avoir des retraites, des rencontres et des sessions ;
puiser de l’expérience des saints du carmel et d’autres spirituels de l’Église les dynamiques nécessaires pour structurer l’itinéraire personnel de croissance dans la foi des individus et des groupes pour le bien de l’Église et du monde, etc.

UN COUVENT
La communauté : lieu d’expression et de visibilité du charisme
carmélitain.

Le projet d’une troisième communauté a surgi du désir d’offrir une image d’un style de vie et d’apostolat complémentaire à celle que nos deux communautés actuelles montrent déjà. Le service de la communauté de Gitega au peuple chrétien ne sera pas directement un apostolat paroissial d’évangélisation et le cadre ne sera pas comme celui d’une maison de formation. La priorité sera donné à un apostolat d’accueil et d’écoute, de confessions, d’accompagnement spirituel des individus et des groupes, etc.
Jusqu’à présent, notre présence au Burundi se résumait en une paroisse rurale, Musongati dans le sud-est du pays, et une maison de formation à Bujumbura la capitale dans l’ouest du Pays. La maison de Bujumbura est située dans sur un terrain très petit, acquis en 1999. L’espace n’y est pas suffisant ni pour l’accueil d’un grand nombre de frères, ni pour répondre aux besoins des chrétiens d’alentour. La chapelle peut pas accueillir plus d’une dizaine de personnes alors que nous devrons accueillir au moins les personnes qui passent continuellement pour les confessions et la fraternité du scapulaire qui s’est formée et compte désormais beaucoup de personnes. En plus, notre maison est construite dans un coin du croisement de deux rues très fréquentées ; il n’y a pas de moments de la journée où l’on soit à l’abri bu bruit des voitures et des passants.
La communauté de Gitega servira aussi comme témoignage dans le cadre de la promotion vocationnelle. Les jeunes qui frappent à notre porte pourront voir une communauté vivante qui exprime notre style de vie et exerce un apostolat de genre spirituel dans l’Église. Après tant d’années de sécheresse où nous n’avions pas de vocations et le peu de jeunes qui venaient ne persévéraient pas, les jeunes prennent de plus en plus d’intérêt à nous fréquenter et nous enregistrons une certaine continuité de demandes d’entrée même si l’on ne peut pas parler de grande affluence de vocations.

PRESENCE DES CAMELITES DECHAUSSEES AU BURUNDI

Une communauté contemplative selon l’esprit de Sainte Thérèse d’Ávila

Le Burundi se situe au sud du Rwanda. Les deux pays ont beaucoup de choses en commun y compris la similitude de la langue et de la culture. Cependant le Rwanda comptait trois monastères de carmélites jusqu’en 1994 alors que le Burundi n’en compte aucun. Aujourd’hui il en compte deux car, après le génocide de 1994, de l’exil à Arras (France), la communauté de Remera-Ruhondo (dans le nord du Rwanda) décida de rentrer en Afrique, pas pour un retour au Pays, mais pour une fondation en Côte d’Ivoire (Logbakro près de Yamoussoukro). Le Burundi a donné au Carmel trois de ses filles. La sœur Josefa est morte au monastère de Nyamirambo (Kigali) en 2001. , Les deux autres, après avoir évolué respectivement dans les monastères du Rwanda et du Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo), appartiennent aujourd’hui aux monastères respectifs de Bruxelles en Belgique (Sr Marguerite) et de Surieu en France (sr Bernadette). Elles n’ont cessé de désirer le Carmel au Burundi et de prier pour cette intention. Quand la sœur Marguerite de Bruxelles a appris la nouvelle, elle n’a pas hésité un instant à offrir sa possibilité, et sa communauté lui a déjà concédé son autorisation ; un grand merci pour ce sacrifice de la communauté de Bruxelles. La sœur Bernadette ne cesse d’offrir ses sacrifices et ses prières pour ce monastère en fondation.
La fondation répond à un grand désir de l’Église locale du Burundi. Celle-ci n’a cessé de demander la présence des carmélites. En 1985, tout était prêt pour une fondation dans le diocèse de Gitega à la demande de feu Mgr Joachim RUHUNA (mort assassiné en 1996), précisément à 12 kilomètres de la ville de Gitega, proche de la paroisse de Giheta. Des sœurs polonaises apprenaient le français en France pour se préparer à cette fondation. Le régime politique anticlérical d’alors ne leur permit pas l’entrée au pays pendant que les missionnaires se voyaient refusé le renouvellement du visa de séjour au pays. Elles durent retourner dans leurs monastères respectifs en Pologne et renoncer à la fondation. Son successeur, Mgr Simon NTAMWANA, a pris la relève. Il fallait l’entendre annoncer publiquement aux chrétiens réunis à l’occasion de la célébration du 75ème anniversaire de la paroisse de Makebuko en des termes de reconnaissance aux carmes et aux carmélites pour le grand don de la fondation qu’ils allaient offrir à l’archidiocèse.
L’appel pour la fondation a été relancé par les carmes du Burundi et du Rwanda qui ont repris et mis à jour la demande de l’Église locale. Malgré leurs capacités économiques très maigres, fortes de l’esprit de foi et d’une maturation communautaire de la réponse à donner à la demande reçue, les carmélites déchaussées de Cyangugu dans l’Ouest du Rwanda réunies en chapitre ont accepté d’assumer la responsabilité de la fondation du monastère de Gitega. C’était beau d’entendre la prière dire à l’Assemblée des monastères associés d’Afrique francophone que le discernement s’est basé sur deux critères : un acte de foi qui a fait percevoir que c’est le Seigneur qui revenait frapper à la porte comme il l’avait fait avant à travers les évêques du Burundi ; une communion dans la communauté qui a cheminé unie dans la prière et la réflexion. Elles ont mis à la disposition de la fondation quatre sœurs volontaires dont la responsable, Sr Aurea Nasingizweyezu. La cinquième, sœur Thérèse Marie Redempta, provient du monastère de Kigali. Elles sont rejointes par la sœur Marguerite, burundaise, du monastère de Bruxelles (Belgique).
En attendant d’atteindre le nombre de huit requis par les constitutions pour l’érection du monastère, les moniales ont déjà obtenu l’autorisation signée de Mgr Simon NTAMWANA. Le Père Général qui a rendu à la communauté une visite fraternelle fin juillet 2008, a exprimé oralement son accord à cette fondation pour les trois raisons suivantes : c’est la réponse à une demande d’Église dans laquelle il n’y a pas de carmélites cloîtrées jusqu’à présent, la fondation est l’œuvre du monastère de Cyangugu et non pas une initiative d’une moniale ou d’un groupe de moniales, il y a un espoir fondé que le monastère en fondation aura des vocations tout comme le monastère de Cyangugu. Ce critère est important car le nombre sera réduit de part et d’autre. En effet, quand le chapitre du monastère de Cyangugu a accepté le principe, elles étaient neuf au chapitre, maintenant elles sont 11, mais elles détachent 4 pour la fondation. L’Évêque de Cyangugu, Mgr Damascène Bimenyimana, supérieur ecclésiastique du monastère de Cyangugu, a donné sa permission. La communauté de Cyangugu attend seulement le rescrit de fondation qui est de la compétence de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique. Entre-temps, des visites des lieux ont été déjà faites, le diocèse a accepté de vendre encore aux sœurs deux hectares pour qu’elles aient l’espace suffisant pour leurs besoins d’agriculture et d’élevage.


POURQUOI MAINTENANT ?
Les carmes sont établis au Burundi depuis 1971. Pour diverses raisons – la connaissance insuffisante du milieu, une histoire d’instabilité politique et d’insécurité pendant plus de trois décennies, l’urgence de la formation des premières vocations autochtones pour le futur de la présence du Carmel au Burundi –, nous n’avons pas encore une maison de retraite en ce pays.
Nous connaissons un peu mieux la situation du pays maintenant. Malgré les turbulences qui accompagnent ces moments, nous avons un espoir fondé que le pays s’achemine vers une certaine stabilité politique et une certaine sécurité. Nous avons maintenant 4 profès solennels originaires du Burundi tous déjà prêtres. Monseigneur Simon NTAMWANA, archevêque de Gitega, avec qui nous avons déjà eu plusieurs contacts, nous accueille volontiers en son diocèse. Et pour preuve, grâce à son intervention, c’est le Conseil économique du diocèse qui nous a vendu 11 hectares. L’acquisition du terrain a été possible grâce à un fonds consenti par la province OCD de Cracovie dont la mission du Burundi et du Rwanda dépend juridiquement. Des 11 hectares, quatre ont été cédés aux moniales.


http://picasaweb.google.com/fryderykjaworski/FrResCarmesAuRwandaEtBurundiOcd


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